
Une Palestinienne porte le corps d'un enfant tué dans une frappe, enveloppé dans un linceul blanc à l'extérieur de l'hôpital al Chifa de Gaza-ville, le 29 août 2025 ( AFP / BASHAR TALEB )
L'armée israélienne a déclaré vendredi "zone de combat dangereuse" la ville de Gaza, où elle entend lancer une offensive d'envergure pour s'emparer selon elle de ce dernier grand bastion du Hamas dans le territoire palestinien dévasté par la guerre.
Elle n'a pas pour autant appelé la population à quitter la ville située dans le nord du territoire assiégé, où selon la Défense civile 40 Palestiniens ont été tués dans les opérations israéliennes à travers la bande de Gaza.
"A partir d'aujourd'hui, à 10H00 (07H00 GMT), la pause tactique locale dans l'activité militaire ne s'appliquera pas à la zone de la ville de Gaza, qui constitue une zone de combat dangereuse", a indiqué l'armée dans un communiqué.

Des déplacés palestiniens déplacés fuient la ville de Gaza vers les zones sud de la bande de Gaza, le 28 août 2025 ( AFP / Eyad BABA )
Des milliers d'habitants ont déjà fui la ville, dans le nord du territoire où la guerre a été déclenchée par une attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas en Israël le 7 octobre 2023.
Des camions et des voitures surchargés de matelas, de chaises et d’effets personnels ont quitté la ville de Gaza en direction du sud du territoire en proie à la famine selon l'ONU.
"C'est la cinquième fois que je suis déplacé depuis le début de cette guerre sans fin et aujourd'hui une fois encore, je dois abandonner ce qui reste de ma maison et de mes souvenirs", a déclaré à l'AFP Abdel Karim Al-Damagh, un habitant de Gaza-ville.

Une photo prise depuis une position à la frontière israélienne avec la bande de Gaza montre un hélicoptère Apache israélien lançant des fusées éclairantes au-dessus du territoire palestinien, le 29 août 2025 ( AFP / Jack GUEZ )
L'ONU estime à près d'un million de personnes la population actuelle du gouvernorat incluant Gaza-ville et ses environs.
Ces trois dernières semaines, Israël a intensifié ses bombardements aériens sur plusieurs quartiers de Gaza et multiplié les opérations en périphérie, resserrant l'étau autour de la ville, la plus grande du territoire.
- Retour des corps de deux otages -

Une Palestinienne passe devant un bâtiment gravement endommagé dans la ville de Gaza, le 29 août 2025 ( AFP / BASHAR TALEB )
"Entre 02h30 et 03H00 du matin, ils ont soudain frappé avec des barils d'explosifs. Nous sommes des civils, tous ceux qui ont été tués étaient des personnes déplacées du quartier de Zeitoun, de jeunes enfants et des femmes. C'est tragique", a indiqué Saqer Irhim, 28 ans, un habitant du quartier de Tal al-Hawa du sud de Gaza-ville.
Malgré des pressions croissantes, tant à l'international qu'en Israël, pour mettre fin à la guerre, le gouvernement de Benjamin Netanyahu a affirmé vouloir poursuivre l'offensive dans la bande de Gaza pour en finir avec le Hamas et ramener tous les otages enlevés durant l'attaque du 7-Octobre.
Vendredi, l'armée a annoncé avoir "ramené le corps d'Ilan Weiss et les restes d'un autre otage dont l'identité n'a pas encore été révélée, dans une opération militaire dans la bande de Gaza".
La "pause tactique locale" quotidienne avait été annoncée par l'armée israélienne dans plusieurs secteurs de la bande de Gaza pour, selon l'armée, "permettre le passage des convois de l'ONU" et d'ONG humanitaires.
L'armée a affirmé qu'elle continuerait "à soutenir les efforts humanitaires" dans le territoire palestinien où elle assiège depuis près de 23 mois plus de deux millions d'habitants.

Une photo montre une affiche avec le portrait de l'otage israélien Ilan Weiss, dont le corps a été ramené en Israël, accrochée sur une place à l'extérieur du Musée d'art de Tel Aviv, le 21 janvier 2025 ( AFP / - )
Interrogée sur les bombardements ayant fait 44 morts à Gaza vendredi, l'armée israélienne n'a pas commenté dans l'immédiat.
Compte tenu des restrictions imposées aux médias à Gaza et des difficultés d'accès sur le terrain, l'AFP n'est pas en mesure de vérifier de manière indépendante les bilans et les affirmations des différentes parties. Israël interdit l'entrée des journalistes étrangers à Gaza et les médias internationaux s'appuient sur des journalistes locaux.
- "Discrimination" -

Une photo prise depuis une position près de la frontière entre Israël et la bande de Gaza montre de la fumée s'élevant lors d'une frappe israélienne sur le territoire palestinien, le 29 août 2025 ( AFP / Jack GUEZ )
La Turquie, qui dénonce un "génocide" d'Israël à Gaza, a annoncé avoir fermé ses ports et son espace aérien aux navires et aux avions militaires et officiels israéliens, après avoir suspendu l'an dernier ses relations commerciales avec Israël.
Avant la Turquie, la Grande-Bretagne a affirmé qu'"aucune délégation gouvernementale israélienne ne sera invitée à participer au DSEI UK 2025", un salon d'armement prévu début septembre à Londres, après avoir jugé comme "erronée la décision du gouvernement israélien d'intensifier son opération militaire" à Gaza.
Israël a dénoncé cette mesure comme "un acte délibéré de discrimination".
Le Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007, a appelé le monde à "intensifier les mesures punitives" contre Israël.

Des Palestiniens attendent d'obtenir du riz auprès d'une soupe populaire dans l'ouest de la ville de Gaza, le 28 août 2025 ( AFP / BASHAR TALEB )
L'attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.219 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP reposant sur des données officielles. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 47 restent désormais retenues à Gaza dont une vingtaine présumés vivants.
L'offensive de représailles israélienne a fait au moins 63.025 morts dans ce territoire palestinien, en majorité des civils, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas, jugés fiables par l'ONU.
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